La Coordination Nationale des Lycées Techniques et Technicum
  a Monsieur le Chef du cabinet de la Présidence
 
 

 

RAPPORT DE LA COORDINATION NATIONALE

DES LYCEES TECHNIQUES ET TECHNICUMS
 

Monsieur le Chef du cabinet de la Présidence de la république,

 

Nous avons l’honneur de vous transmettre un rapport et des documents élaborés par la Coordination Nationale des Lycées Techniques et Technicums. Cette coordination est née en Novembre 2006, après l’annonce par le Ministre de l’éducation nationale, de la suppression de l’enseignement technique .Elle a animé deux mouvements de protestation et a saisi toutes les institutions politiques et gouvernementales ainsi que l’opinion publique autour d’une seule revendication :le maintien de l’enseignement technique.

 Les propositions qu’on vous soumet   ont un coût.   Le choix est à prendre est en fonction l’aubaine financière du pays, des projections de développement du capital humain car nous    considérons que l’enseignement technique est un levier du développement économique.

  

La réorganisation de l’enseignement secondaire, à la rentrée2006-2007    a entraîné   une suppression   de la moitié des filières technologiques et la régression de 70% charges horaires en enseignement spécialisé. Ce choix n’a pas été précédé d’une consultation. C’est la troisième réforme de l’enseignement technique depuis sa généralisation en 1984.

Il faut se rappeler que dans le milieu des années 80, des dispositions d’aménagement de l’enseignement secondaire ont été prises. L’enseignement technique allait être généralisé pour être en parité avec l’enseignement général qui était restreint aux filières lettres, sciences et mathématiques.

 Ce choix visait à atteindre l’objectif d’une répartition équilibrée (50%) entre les l’enseignement technique et l’enseignement général. Cette démarche était justifiée par la projection   des besoins futurs d’une économie dont le dynamisme reposait essentiellement sur la formation cadres techniques pour l’industrie. Les décideurs par la même occasion    voulaient   lutter contre la déperdition scolaire dans l’enseignement secondaire. L’enseignement technique offrait la possibilité d’une formation à mi-distance entre l’enseignement général et l’enseignement professionnel. Le volontarisme de cette démarche a pu enclencher un essor de l’enseignement technique qui est passée 10% à 21% De l’ensemble des élèves dans le secondaire en moins d’une décennie. La réforme de 1984 articulait l’enseignement technique aux exigences de l’enseignement supérieur.

En 1991, un autre aménagement va être introduit une dualité dans l’enseignement technique en deux pôles :

Un enseignement technique préqualifiant préparant à l’emploi

Un enseignement  technique préparant l’accès à l’université.

Cette double mission est abandonnée sous la pression de la demande sociale . Les parents préféraient les filières scientifiques garantissant  une réussite sociale et une intégration certaine sur le marché du travail.

La seconde raison est que les contraintes financières de l’Algérie ont eu un impact sur l’offre pédagogique. 

 Le coup d’arrêt brutal dans la moitié des années 1994 de l’enseignement technique a été justifié   par les   difficultés des bacheliers à surmonter les troncs communs des premières et deuxièmes années universitaires. Ce diagnostic montre que tous le cycle secondaire accueillaient des élèves peu performants pour être orientés vers l’enseignement technqiue notamment en mathématiques et physique et en chimie.  Cette situation  sera,  d’une part , la cause de la relégation de l’enseignement technique en filière ghetto, et sa substitution, d’autre part,    par la filière technique mathématique.

 Ce modèle fortement élitiste, préparant   les élèves aux grandes écoles, laisse sur la route des milliers d’élèves .Ces derniers  peuvent par un encadrement fortement qualifié et motivé, intégrer le marché du travail avec un BAC technique professionnalisé.

Le Ministre de l’éducation nationale face la réticence généralisée de presque 6000 enseignants-ingénieurs   a préconisé   une   éventuelle généralisation de la filière technique mathématique . Celle-ci est complètement  détachée de la réalité scolaire vu la faible performance nationale de mathématique et de physique des élèves venant du moyen . 

  

 Cette proposition    a été avancée   ,par le ministre de l’éducation nationale pour maintenir   les 80% d’ enseignants du technique  en sureffectif . L’augmentation du jour au lendemain du taux d’orientation de 30% d’élèves vers les filières techniques mathématiques s’est avérée impossible à concrétiser à cette rentrée 2007-2008.

Face à cette situation, la CNLTT a préconisé de ne pas remettre en cause, la réforme dans sa globalité mais d’étudier la possibilité de maintenir les filières techniques en augmentant le volume horaire des matières de technologie et la charge des travaux d’atelier qu’il ne faudrait pas supprimer. Cette solution permettrait de maintenir un enseignement technique rénové de qualité.

La professionnalisation touche dans le monde de nombreuses filières à l’université. Cette professionnalisation lest nouveau modèle retenu  des cycles courts  à l’université y compris dans les sciences sociales. IL est important de maintenir une filière technique mathématique dans les lycées pour les grandes écoles comme polytechnique avec un encadrement de professeurs fortement qualifiéstout en maintenant les filières techniques supprimées .Ces filières doivent aujourd’hui  être  adaptées à l’évolution de la technologie.

Nous restons à votre entière disposition pour d’autres complément et nous vous prions de croire, monsieur le Chef du cabinet notre profonde considération. 

Alger le 30 septembre 2007
 
 
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